Paris, le 13 octobre 1307
Ce jour là, les hommes de Guillaume de Nogaret, agissant pour le compte du Roi de France, Philippe le Bel, procèdent à
l’arrestation des dignitaires de l’Ordre des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon, puis, à l’issu d’un procès inique, ces derniers sont condamnés à mort et la dissolution de
l’Ordre est prononcé. De cela, tout le monde est au courant.
La grande majorité des gens s’en contente du reste, et pour beaucoup d’historiens ceci signifie ni plus ni moins, la fin de
l’Ordre du Temple.
Il ne m’appartient pas de discuter ici, si la chute l’Ordre du Temple provient du moment même de leur arrestation, une fois
menée à bien en effet, rien ne pouvait plus sauver ce qui semblait (du moins en apparence), pouvoir l’être…, ou bien si la chute effective remonte à la perte de Saint Jean d’Acre, ou bien encore,
si les causes réelles de la disparition de l’Ordre du Temple, sont à chercher ailleurs…
Toujours est-il qu’en ces temps troublés, un homme, ne peut se résoudre à laisser perdre l’Esprit du Temple, et il va tout faire
pour le sauvegarder.
Cet homme, c’est le Chevalier Jean de Rampillon, et il n’est même pas templier !
En revanche il connaît bien ceux qui constituent l’Ordre Intérieur et Secret du Temple, il les fréquente et les respecte
profondément.
C’est lui qui va créer la première Massenie du Saint Graal, avec l’aide de son fils spirituel, le Chevalier Templier
Bertrand.
Extrait de l’ouvrage de Gabrielle Carmi : "le
Temps hors du Temps"
Pendant leurs séjours au Moyen-Orient, les croisés ont été en contact avec les peuples des régions diverses qu'ils
découvraient. Ils ont guerroyé pour créer le royaume franc de Jérusalem. En les combattant, parfois durement, ou en négociant avec eux, ils ont connu les chefs de guerre auxquels ils étaient
opposés, des souverains et leur entourage. Pour assurer leur défense, ils ont édifié une quinzaine de places fortes, dont certaines étaient considérables. Pour maintenir, développer et entretenir
leurs nouvelles possessions, ils ont été conduits à entretenir des contacts étroits avec les populations de races et de religions différentes vivant au Moyen-Orient, à utiliser des artisans, des
ouvriers, des paysans, etc.
Tout en étant animés par leur foi chrétienne, certains chevaliers, particulièrement les Templiers, ont été attirés par
divers aspects des civilisations, parfois très anciennes, qu'ils ignoraient, et qu'ils ont été avides de connaître. Ils ont ainsi peu à peu découvert des religions et des philosophies différentes
des leurs, mais qui méritaient d'être approfondies.
A leur grande surprise, ils ont constaté que la spiritualité et les qualités humaines qu'ils croyaient être l'apanage
des seuls chrétiens pouvaient aussi exister et être parfois très développées chez ceux qui n'avaient pas la même foi qu'eux. Les Ismaéliens avaient fondé la Maison des Sciences où de nombreuses
disciplines étaient étudiées et discutées. Ouverte à tous, cette Maison était fréquentée par des Juifs, des Arabes, des Perses, des Egyptiens, des Sémites, des Kouschites.
Ces derniers étaient un rameau sémite de civilisation très avancée ; ils avaient le teint foncé et parlaient une langue
apparentée à l'hébreu et à l'araméen ; venant de Mésopotamie, ils s'étaient implantés en Chaldée, et dans les Indes, dans la région de Tromapatan. Quelques chevaliers, en majorité Templiers, ont
fréquenté clandestinement la Maison des Sciences. Ils ont alors compris l'ésotérisme de religions aussi diverses que celles que pratiquaient les catholiques romains, les musulmans et les juifs,
et découvert qu'il était possible d'adorer le Dieu unique sous des formes différentes. Ils sont devenus tolérants.
Ils ont aussi acquis la conviction que leur participation aux études et recherches des kabbalistes sur la science des
nombres, l'astrologie, la médecine, etc. devait rester secrète.
Ces sciences étaient, en effet, vigoureusement combattues par l'Eglise catholique romaine qui les jugeait contraires à ses
dogmes, et voire même dangereuses. Sur le plan temporel, les Templiers estimaient indispensable que leur pays soit unifié afin de disposer d'assez de force pour faire taire les querelles
intestines. Il deviendrait alors possible de lutter contre l'ignorance, la superstition, le sectarisme et l'intolérance, d'assurer le développement des valeurs spirituelles et de tenter le
rapprochement entre l'Occident et l'Orient qu'ils venaient de découvrir. Grâce aux connaissances qu'ils avaient acquises, les Templiers estimaient qu'ils devaient être les artisans de cette
grande oeuvre dont ils souhaitaient ardemment la réussite. Ils n'ont malheureusement pas eu le temps de mener à bien cette oeuvre.
Pendant que se déroulait ce procès, les Templiers qui avaient échappé aux arrestations se sont dispersés. Beaucoup sont
partis à l'étranger. Dans certains pays, ils sont entrés dans des ordres existants, ou en ont fondé de nouveaux. Ceux restés en France, tout en vivant cachés, ont essayé de se regrouper
secrètement ; certains ont été accueillis dans des compagnonnages ou dans des sociétés secrètes existantes.
C'est pour cette raison qu'avec des compagnons sûrs, il a créé un ordre réunissant ceux qui voulaient que l'esprit du Temple
vive. « Nous n'avons pas voulu, dit-il, reconstituer le Temple dans sa hiérarchie et ses grades, mais sauver et maintenir son esprit. Cet esprit qui anime dans l'homme le besoin de la
connaissance. Connaissance de lui-même d'abord, et initiation progressive au sens caché et ésotérique des choses, voie amenant à la découverte de la divinité. Ceci est une queste
».